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Navigation astronomique.

LA DROITE DES HAUTEURS.


1/ LE CERCLE DE HAUTEUR.

Le triangle de position (se reporter au premier chapitre pour obtenir de plus amples informations) :

 

Le pôle, ici nord, pas de surprise pour l'instant.
Z est le zénith, soit votre position estimée.

Pg est appelé le point substellaire de l’astre, il s’agit du lieu de la verticale de l’astre « A » sur la terre, soit le «pied de l’astre » sur la Terre. Ce qui donne des coordonnées terrestre à ce point, latitude et longitude (qui varie de 15°/heure rotation de la Terre autour du soleil).

 Pour explication, prenons l’exemple du lampadaire ... c’était moi :

Pour une même hauteur vraie relevée, la distance au lampadaire est la même. Le cercle de hauteur est donc le lieu des points de la terre d’où l’on observe un astre avec une hauteur vraie "hv" donnée. Sur la surface terrestre, c'est un cercle.

Avec l'intersection de trois cercles de hauteur, on obtient un unique point. Seul inconvénient, il faudrait faire 3 observations simultanées, et réussir à représenter les cercles sur une sphère. On essaie donc de représenter une courbe des hauteurs.

 

2/ LA COURBE DE HAUTEUR.

 

C’est la représentation sur la carte marine (en projection de Mercator) du cercle de hauteur. L’équation de cette courbe étant trop compliquée, on assimilera la courbe à une droite.


3/ LA DROITE DE HAUTEUR.

 C’est la représentation d’une position de la courbe de hauteur assimilée localement à une droite. On se situe quelque part sur cette droite.
Cette méthode fut découverte par le capitaine américain Summer ... il sont forts ces américains ! Mais c’est le français Marcq St Hilaire en 1872 qui démontre le procédé du tracé de cette méthode.

 

Sur ce dessin, on visualise :
-
Pg est le « pied » de l’astre (ou du lampadaire) sur la terre.
-
Me est votre position estimée.
-Z est appelé point déterminatif. Il s’agit de la position de hauteur la plus proche de la position estimée. Il est donc sur l’axe Me/Pg.
-L’azimut de l’astre Aze (la direction du pied de l'astre mesurée sur la surface terrestre) calculé avec les éphémérides nous donne aisément son relèvement Ze. Lorsque l’astre est à l’est : Ze = Aze et lorsqu’il est à l’ouest : Ze = 360° - Aze.
-PgZ = 90° - hv
PgMe = 90° - he

 
De là, on en déduit MeZ = PgMe – PgZ = 90°- he - (90°- hv) = hv – he
Cette valeur (la différence de la hauteur calculée au sextant et de la hauteur calculée) est appelé l’intercept.

 


On est quelque part sur la droite de hauteur.

Si hv>he le point déterminatif Z sera tracé dans la direction de Pg c’est à dire le relèvement de l’astre.

Si hv<he le point déterminatif Z sera tracé dans la direction inverse de Pg c’est à dire l’inverse du relèvement de l’astre (Ze + 180°).


 

3/ PRECISION ET ERREURS DE LA DROITE DES HAUTEURS.

Limites d’utilisation de la droite des hauteurs :
La latitude < à 60° car au delà les cartes en projection de Mercator ne sont plus justes.
La hauteur vraie (observée) < à 80° à cause de la courbure du cercle de hauteur qui est assimilée à une droite.
La longueur de l’intercept < 30°. Dans le cas contraire, on recommence les calculs avec Z comme position estimée.

Les erreurs :
Sur la hauteur vraie :  à cause de l’observateur, de la visibilité de l’horizon, de l’instrument, ...
Les erreurs sur l’heure d’observation : moment du top.
...

LES CORRECTIONS DES HAUTEURS

Il va falloir comparer la hauteur observée au sextant, ho = hi + E + C (cf chap 4), qui est finalement prise depuis l'oeil de l'observateur en vue de l'horizon apparant,  avec la hauteur estimée, he , depuis le centre de la terre et en vue de l'horizon vrai, calculée à l'aide des éphémérides nautiques..

Ainsi les corrections telles que la dépression de l'horizon, la réfraction astronomique, la parallaxe, l'erreur de demi diamètre, sont primordiales pour avoir un point "précis".

Un petit peu de musique pour fêter ça !


1/ LA DEPRESSION DE L'HORIZON

A cause de la réfraction dans l'air par changement de milieu, l'horizon vu par un observateur est en fait dévié et prend l'allure d'une courbe.
La mesure de la hauteur est à corriger de la valeur de la dépression, "d", qui dépend de la hauteur d'observation, "e", de la même manière que l'illustration suivante :


Et ainsi la hauteur apparante réfractée "har", est égale à la hauteur observée "ho", corrigée de "d"har = ho - d


On peut estimer la valeur de la dépression de la sorte :
d = (1,77).(racine carrée de l'élévation en m)
Ou se contenter d'ouvrir les éphémérides nautiques dans la table 4.


2/ LA REFRACTION ASTRONOMIQUE

Le rayon lumineux de l'astre à une propagation non rectiligne, sa trajectoire est déviée par les différentes couches traversées.


R = réfraction astronomique.


Gâce à la visualisation du graphique, on se rend compte que la hauteur apparante, ha (donc corrigée), est égale à la hauteur apparante réfractée har , corrigée de la réfraction astronomique R.
ha = har - R
Plus la hauteur d'astre et faible (plus il est proche de l'horizon) plus sa réfraction est forte.


3/ LA PARALLAXE

Déjà évoquée dans les chapitre précédent, il s'agit de l'erreur d'assimilation entre centre de la terre et surface du globe où se situe l'observateur.


Ainsi, on constate que la hauteur vraie hv, est égale à la hauteur apparante ha corrigée de la parallaxe P.
hv = ha + P

Plus la hauteur de l'astre augmente (plus il est à la verticale du lieu), plus la valeur de la parallaxe diminue, jusqu'à s'annuler lorsque l'astre est au zénith.
Encore une fois, on peut estimer la valeur de la parallaxe par la formule :
P = 3,1456 . cos ha
ou sortir ses éphémérides nautiques à la table 5.


5/ LE DEMI-DIAMETRE

Lorsque mesure la hauteur d'un astre, on prend comme référence d'angle le dessous de l'astre. La vraie référence étant le centre de l'astre, on doit donc corriger la hauteur vraie hv de la valeur appelée de demi-diamètre, que l'on trouve dans les éphémérides à la table 6 (elle dépend de la distannce terre astre).

Ainsi la hauteur vraie du centre de l'astre hvc, est égale à la valeur de la hauteur vraie hv corrigée du demi-diamètre 1/2 D.
 Le signe de cette correction change en fonction de la référence du bord d'astre utilisée (dessus ou dessous).
Pour le schéma ci dessus, on a hvc = hv + 1/2 D (mesure par dessous)


5/ RECAPITULATION

hvc = ho - d - R + P (+/-) 1/2 D

 Toutes les corrections ne sont pas nécessaires pour tous les astres. L'erreur de parallaxe s'applique principalement à la lune au soleil et aux planètes de notre galaxie, mais pas aux étoiles. De même, pour l'erreur de demi-diamètre.
Les tables  7, 8, 9 des éphémérides présentent ces corrections groupées en une seule.

Je vous laisse avec ça pour le moment, digérez bien ce cinquième chapitre de navigation gastronomique.
Alexandre.
  1.  

DE L'UTILISATION DU SEXTANT

 

Après quelques chapitre de calculs et de formules, je vous propose d’étudier enfin l’utilisation du sextant.

 


Cependant vous ne vous en tirerez pas aussi facilement que cela …

Voici tout d’abord un petit résumé en quelques lignes de ce que nous avons vu en 3 chapitres pour obtenir le relèvement et la hauteur d’un astre :

 Par le calcul on procède ainsi :

 Et par l’observation :

On obtient le relèvement grâce à l’alidade du compas, lorsque l’astre est proche de l’horizon, sinon la précision n'est pas assez bonne (valable pour des hauteurs <30°).
On obtient la hauteur grâce au sextant.

Histoirique :

L’invention du sextant reviendrait à l’astronome anglais John Hadley en 1731, et avant ?

Avant, il y avait le bâton de Jacob :

 Ou l’astrolabe :

 

Ou encore l’octant :


Similaire au sextant, mais la limbe est graduée de 0° à 160°.

 




1/ LE PRINCIPE DU SEXTANT

 
Il utilise le principe de double réflexion à l’aide de deux miroirs qui reflètent l’astre observé.

Soit « a » l’angle réel de l’astre et « b » l’angle lu sur la limbe du sextant. Suite à quelques calculs géométriques on trouve : a = 2b

La limbe du sextant est donc graduée de 0° à 120° (équivalent à deux fois 60°, d’ou le nom de sextant) et par lecture, on obtient directement la hauteur vraie.

L'erreur de parallaxe du sextant sur la mesure est négligeable (de 30cm pour 15M).


 

 

 2/ LES ERREURS DU SEXTANT

 
Pour obtenir une bonne visée, il faut veiller à réunir les conditions suivantes :

    Limbe parfaitement plane
    Axe de rotation de l’alidade perpendiculaire au plan du limbe
    Axe de la lunette parallèle au plan du limbe
    Petit et grand miroir perpendiculaire au plan du limbe

Ces deux derniers points étant réglable à l’aide des vis situées derrière le miroir, mais attention à ne pas faire plus de mal que de bien, c’est du travail de précision !

 

Les erreurs résiduelles :

    La collimation C : on la corrige le sextant à 0° en visant l’horizon. L’image réfléchie et l’image directe doivent former une ligne continue. Si elles ne sont alignées il faut effectuer une rectification. Elle se présente  ainsi sur le petit miroir :

La rectification avec le soleil :

 On note les deux valeurs pour chaque lecture, puis on fait la moyenne :

C = (Ld –Lg) / 2

S’il n’y a pas d’erreur, on trouve 0°. Cette mesure est à  faire à chaque observation.

 

L’excentricité E : elle est due à un mauvais centrage de l’axe de rotation de l’alidade. On se reporte à une table d’excentricité qui est propre à chaque sextant. Elle donne la valeur des corrections en fonction de la hauteur observée. Cette correction est de moins d’1 minute mais la précision de la hauteur est primordiale pour la suite des évènements.

Ainsi on déduit la hauteur observée en ajoutant à la mesure instrumentale les deux erreurs :

 
Ho = Hi + C + E

 

 

3/ PRATIQUE DES OBSERVATIONS

 

Pour le soleil :

Sextant réglé à 0°, on vise l’horizon  puis on ouvre progressivement l’angle de l’alidade jusqu’à avoir l’horizon en visée directe et le soleil en visée réfléchie.

 

Pour les étoiles :

Sextant réglé à 0°, on vise l’étoile puis on ouvre progressivement l’angle de l’alidade en faisant descendre le sextant jusqu’à avoir l’horizon en visée directe et l’étoile en visée réfléchie. On dit que l’on descend l’astre sur l’horizon. On procède ainsi pour ne pas confondre l’étoile localisée au starfinder avec une autre … et oui par nuit étoilée, il y en a des étoiles.


Le contact de l’astre avec l’horizon :

Il faut une bonne verticalité du sextant. Une fois que l’on a fait coïncider correctement l’horizon et l’astre on incline le sextant sur la gauche et la droite pour vérifier que le point tangeant du soleil sur l’horizon est le bon.

A l’instant de contact il faut faire une mesure du temps à la seconde près ! La précision est de rigueur, on peut par exemple utiliser l’heure du GPS !!!!!!!


Attention, un sextant peut servir à faire le point d'une autre manière ; par arcs capables. Je ferai un petit topo sur cette méthode qui à le mérite d'être simple et rapide ... et qui utilise le sextant ...


Alexandre.

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